Partie italienne
Ouverture classique idéale pour apprendre. Développement naturel des pièces vers des cases actives.
La Partie italienne est une ouverture des Blancs définie par 1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.Bc4. Le fou vise f7, la case la plus faible du camp noir, et libère la voie au petit roque. Selon la réponse des Noirs, la partie reste lente et stratégique (giuoco piano, giuoco pianissimo) ou devient très tactique (défense des deux cavaliers, gambit Evans).
- Code ECO
- C50–C59
- Coups
- 1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.Bc4
- Style
- Tactique
- Niveau conseillé
- Débutant
- Ils l'ont jouée
- Gioachino Greco, Adolf Anderssen, Magnus Carlsen, Fabiano Caruana
L'idée : un fou braqué sur f7
Après 1.e4 e5 2.Nf3 Nc6, les Blancs placent leur fou sur sa diagonale la plus active. En c4, il vise f7, un pion que seul le roi défend en début de partie. Les attaques rapides contre le roi noir, avec Ng5 ou un sacrifice en f7, partent presque toutes de là.
Le fou contrôle aussi d5, la case où les Noirs aimeraient libérer leur jeu, et il dégage f1 pour un roque immédiat. Les Blancs choisissent ensuite leur centre : c3 et d4 pour un grand centre de pions, ou d3 pour une construction plus lente.
f7 n'est défendu que par le roi - une faiblesse classique !
Deux façons de construire le centre
Contre 3...Bc5, le plan le plus direct est c3 puis d4. Le pion c3 soutient la poussée, et d4 attaque à la fois le pion e5 et le fou c5. Si les Blancs gardent deux pions côte à côte en d4 et e4, leurs pièces ont de l'espace et la poussée e5 peut chasser le cavalier f6.
Les Noirs ont pourtant une réponse éprouvée. Après 4.c3 Nf6 5.d4 exd4 6.cxd4 Bb4+ 7.Bd2 Bxd2+ 8.Nbxd2, ils frappent avec 8...d5. Le grand centre blanc se réduit alors souvent à un pion d4 isolé.
C'est pourquoi le jeu moderne préfère souvent d3, le giuoco pianissimo : e4 reste solide, les Blancs roquent et manœuvrent, et ne jouent d4 qu'une fois tout préparé. Le gambit Evans, 4.b4, fait le choix inverse : un pion donné pour jouer c3 puis d4 avec gain de temps sur le fou noir.
Trois réponses pour les Noirs
Au troisième coup, les Noirs décident du caractère de la partie : développement symétrique, contre-attaque sur e4 ou défense prudente.
3...Bc5, le giuoco piano
Les Noirs copient le développement blanc : leur fou vise f2 comme le fou c4 vise f7. Les Blancs choisissent alors entre le centre ouvert avec c3 et d4, le jeu lent avec d3 et le gambit Evans (4.b4).
3...Nf6, la défense des deux cavaliers
Plus provocant : le cavalier attaque e4 et permet 4.Ng5, qui attaque f7 deux fois. Après 4...d5 5.exd5, la ligne principale est 5...Na5, qui donne un pion contre une avance de développement ; 5...Nxd5? permet 6.Nxf7, l'attaque Fegatello. Les joueurs plus calmes répondent 4.d3.
3...Be7 ou 3...d6, les défenses prudentes
La défense hongroise (3...Be7) et la défense parisienne (3...d6) évitent toute tactique autour de f7, mais restent passives. Les Blancs jouent d4 et prennent plus d'espace au centre, sans prendre de risque.
La structure du giuoco pianissimo
Dans la ligne lente, par exemple 4.c3 Nf6 5.d3 d6 6.O-O O-O 7.Re1 a6 8.Bb3 Ba7 9.Nbd2, les centres sont symétriques : e4 et d3 pour les Blancs, e5 et d6 pour les Noirs. Aucun pion n'est échangé, et chaque camp garde sa rupture en réserve : d4 pour les Blancs, ...d5 pour les Noirs.
Les deux fous actifs se mettent à l'abri. Le fou blanc recule en b3, où ...d5 ne l'attaque plus et d'où il peut encore se replier en c2. Le fou noir passe en a7, où les poussées b4 ou d4 ne le chassent plus de sa diagonale.
Comme peu de pièces s'échangent, la partie se décide sur les manœuvres, et celui qui ouvre le centre au bon moment prend l'initiative. On arrive à des positions très proches par la défense des deux cavaliers : 3...Nf6 4.d3 Bc5.
Les plans des deux camps
Dans la même position du giuoco pianissimo, chaque camp a deux idées typiques.
Blancs
- La manœuvre Nbd2-f1-g3 Le cavalier quitte d2, où il bloque le fou c1, et rejoint g3 par f1. De là, il vise f5 et h5 et soutient une attaque à l'aile roi.
- Gagner de l'espace avec a4 a4 empêche ...b5 et libère la case a2 : quand ...Na5 attaque le fou b3, il se replie en a2 sans quitter la diagonale qui mène à f7.
Noirs
- Préparer la rupture ...d5 Avec ...h6, ...Re8 et ...Be6, les Noirs préparent ...d5. Bien préparée, cette poussée ouvre le centre pendant que les pièces blanches manœuvrent encore.
- Contester la diagonale avec ...Be6 ...Be6 s'oppose au fou b3. Si les Blancs prennent en e6, ...fxe6 ouvre la colonne f aux Noirs et renforce leur contrôle de d5.
Le piège à connaître : le mat de Légal
La défense parisienne, 3...d6, mène à un piège classique. Après 4.Nc3 Bg4 5.h3 Bh5?, le fou noir cloue le cavalier f3 sur la dame d1, et le pion e5 semble intouchable : si le cavalier bouge, la dame tombe.
À vous, avec les Blancs : trouvez le coup qui montre que ce clouage n'en est pas un.
Indice Laissez la dame en prise : quelles pièces blanches peuvent alors attaquer le roi noir ?
Explication
6.Nxe5! abandonne la dame. Si 6...Bxd1??, 7.Bxf7+ Ke7, seul coup légal, puis 8.Nd5# : c'est le mat de Légal. Le roi est enfermé par ses propres pièces en d8, f8 et d6, et par le fou et les deux cavaliers blancs. Si les Noirs ne prennent pas la dame, ils perdent au moins un pion : 6...Nxe5 7.Qxh5 Nxc4 8.Qb5+ c6 9.Qxc4, ou 6...dxe5 7.Qxh5. Le bon réflexe était 5...Bxf3 ou 5...Be6, au lieu de maintenir le clouage.
Les erreurs fréquentes
Elles reviennent souvent dans les parties de club, des deux côtés de l'échiquier.
- Attaquer f7 trop tôt : contre 3...Bc5, 4.Ng5?? perd une pièce après 4...Qxg5, car aucune pièce blanche ne défend g5.
- Sacrifier en f7 sans suite : Bxf7+ ne vaut que si d'autres pièces peuvent exploiter le roi exposé. Sinon, c'est une pièce donnée pour un pion.
- Laisser le fou c4 sans repli : ...Na5 et ...d5 le chassent avec gain de temps. Bb3, puis c3 (qui libère c2) ou a4 (qui libère a2), le gardent actif.
- Reprendre 5...Nxd5 après 4.Ng5 d5 5.exd5 : le cavalier d5 devient une cible, et 6.Nxf7 ou 6.d4 lancent une attaque très dangereuse. 5...Na5 est la ligne principale.
- Retarder le roque : dans l'Italienne, la colonne e et la diagonale c4-f7 s'ouvrent vite. Les deux camps ont intérêt à mettre leur roi à l'abri tôt.
Ce que disent les parties
| Classement | Parties | Blancs gagnent | Nulles | Noirs gagnent |
|---|---|---|---|---|
| 1000–1399 | 74 423 225 | 51 % | 4 % | 45 % |
| 1400–1799 | 112 160 165 | 51 % | 4 % | 45 % |
| 1800–2199 | 46 472 610 | 50 % | 5 % | 46 % |
| 2200+ | 3 534 311 | 48 % | 7 % | 46 % |
| Coups | Parties | Part des parties, en % |
|---|---|---|
| 3...Nf6 | 25 061 227 | 34 |
| 3...Bc5 | 18 940 500 | 25 |
| 3...h6 | 13 163 577 | 18 |
| 3...d6 | 5 104 565 | 7 |
| Autres coups | 12 153 356 | 16 |
| Coups | Parties | Part des parties, en % |
|---|---|---|
| 3...Bc5 | 36 960 726 | 33 |
| 3...Nf6 | 32 332 036 | 29 |
| 3...h6 | 18 677 475 | 17 |
| 3...d6 | 7 854 377 | 7 |
| Autres coups | 16 335 551 | 15 |
| Coups | Parties | Part des parties, en % |
|---|---|---|
| 3...Bc5 | 18 671 334 | 40 |
| 3...Nf6 | 15 125 365 | 33 |
| 3...h6 | 3 298 073 | 7 |
| 3...Be7 | 2 987 902 | 6 |
| Autres coups | 6 389 936 | 14 |
| Coups | Parties | Part des parties, en % |
|---|---|---|
| 3...Nf6 | 1 668 041 | 47 |
| 3...Bc5 | 1 463 296 | 41 |
| 3...Be7 | 199 919 | 6 |
| 3...d6 | 70 170 | 2 |
| Autres coups | 132 885 | 4 |
236 590 311 parties blitz, rapides et classiques jouées sur Lichess (explorateur d'ouvertures Lichess, 4 octobre 2026). Classement Lichess, différent de l'Elo FIDE.
Passer à la pratique
Cette page explique l'ouverture. La leçon la fait jouer : vous jouez les coups, le coach commente chacun d'eux et propose trois niveaux d'indice.
Leçon interactive
Partie Italienne
8 min environ · 4 variantes · Vous jouez les Blancs
Bienvenue dans la Partie Italienne ! Cette ouverture classique développe le fou en c4, visant la case vulnérable f7 des Noirs. Vous apprendrez à construire un centre solide et lancer des attaques puissantes !
Le parcours de la leçon
1.e4 e5 2.Nf3 Nc6 3.Bc4 · tronc commun, puis l'adversaire choisit
- Ligne principale 3...Bc5 4.c3 Nf6 5.d4 · 2 coups à jouer
- Giuoco Piano 3...Bc5 4.c3 · 1 coup à jouer
- Défense des Deux Cavaliers 3...Nf6 4.Ng5 d5 · 1 coup à jouer
- Attaque du Foie de Veau 4...d5 5.exd5 Nxd5 6.Nxf7 · 2 coups à jouer
- Contre-attaque Traxler 4...Bc5 5.Nxf7 Bxf2+ 6.Kf1 · 2 coups à jouer
Questions fréquentes
La Partie italienne est-elle une bonne ouverture pour débuter ?
Oui, c'est souvent la première ouverture conseillée. Les pièces vont sur leurs cases naturelles, le roque arrive vite et les idées (développer, viser f7, préparer d4) servent partout. Il faut seulement connaître les pièges de la défense des deux cavaliers.
Quelle est la différence entre le giuoco piano et le giuoco pianissimo ?
Le giuoco piano, la « partie tranquille », est la position après 3...Bc5. Le giuoco pianissimo en est la version la plus lente : les Blancs jouent d3 au lieu de pousser tout de suite d4, et la partie se joue sur les manœuvres. C'est cette forme qui a remis l'Italienne à la mode chez les grands maîtres.
Qu'est-ce que l'attaque Fegatello (Fried Liver) ?
C'est le sacrifice 6.Nxf7 dans la défense des deux cavaliers, après 4.Ng5 d5 5.exd5 Nxd5. Après 6...Kxf7 7.Qf3+, le roi noir doit souvent avancer en e6 pour garder son cavalier d5, et les Blancs l'attaquent avec Nc3 et d4. Les Noirs l'évitent avec 5...Na5.
Que jouer contre la défense des deux cavaliers ?
4.Ng5 attaque f7 et mène à un jeu très tactique, où les Noirs donnent souvent un pion avec 4...d5 5.exd5 Na5. 4.d3 est plus calme : il protège e4 et rejoint souvent les positions du giuoco pianissimo après ...Bc5.
Partie italienne ou Partie espagnole : laquelle choisir ?
Les deux commencent par 1.e4 e5 2.Nf3 Nc6. Dans l'Italienne, le fou c4 vise directement f7 et le jeu s'ouvre vite. Dans l'Espagnole (3.Bb5), le fou attaque le défenseur de e5 : la pression est plus lente et la théorie plus vaste. L'Italienne est souvent apprise en premier.